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La ligne ferroviaire – La gare de CanfrancVillages et habitat des vallées – Les forts :
le fort du Coll de Ladrones, le fort du PortaletSites à visiter

LA LIGNE FERROVIAIRE

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HISTOIRE

Les travaux de la ligne qui relie Pau à Canfranc par la vallée d’Aspe ont débuté en 1880. Inaugurée le 18 juillet 1928 en présence du roi d’Espagne Alphonse XIII et du Président de la République française Gaston Doumergue, la ligne a fonctionné jusqu’en 1970. Suite à un accident, la voie a été coupée et n’a, à ce jour, toujours pas été restaurée.
De Bedous à Canfranc, il y a 16 tunnels (dont celui du Somport, qui mesure 7875 m) et 5 viaducs. La longueur cumulée de ces ouvrages d’art représente 44% du tronçon Bedous-Canfranc.

À Canfranc, ne pas manquer la gare.

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LA GARE DE CANFRANC

L’idée de réunir l'Espagne et la France par une liaison ferroviaire germe dès 1853. En 1885, les deux États s’engagent à construire la ligne. Plusieurs lieux sont identifiés pour implanter la future gare internationale. C’est finalement la plate-forme des Arañones qui est choisie. En 1904 est signé le Traité International qui impulse la construction de la gare et du tunnel. Malgré un ralentissement des travaux pendant la première guerre mondiale, la gare est inaugurée le 18 juillet 1928 par le roi Alfonse XIII et le Président de la République française Gaston Doumergue.

L’édifice est représentatif de l’architecture de l’époque, qui se caractérise par l’utilisation du verre, du fer et de l’acier. L’alliance de ces divers matériaux a permis de créer des formes originales et modernes qui ont appellé des comparaisons avec la Tour Eiffel (Paris) ou la gare de King’s Cross (à Londres). Néanmoins, la Nature fut la source d’inspiration de la décoration.
Le gouvernement d’Aragon a déclaré ce monument d’intérêt culturel en 2002.

Peu après son inauguration se succèdent crise économique (1929), incendie (1931) et guerre civile espagnole (1936). L’armée occupe la gare, et le tunnel international est muré pour empêcher toute intrusion depuis la France.
Suite à un incendie en 1944 à Canfranc Village, la population vient s’installer à Canfranc Gare alors que le trafic ferroviaire reprend et croît jusque vers 1965.

Le 27 mars 1970, un train de marchandises français déraille au lieu-dit Pont de l’Estanguet (entre Accous et Eygun). Le pont détruit ne sera jamais reconstruit. La ligne internationale est interrompue depuis ce jour.

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des vallées – Les forts :

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Villages et habitat des vallées

Les maisons fortes
Bâties entre le XIe et le XVe siècle, on en trouve à Osse, Etsaut et Borce

 
Les Forts

Fort du Portalet (XIXe) en Aspe et Fort du Coll de Ladrones (XIX et XXe siècle) à Canfranc. Ils ne se visitent pas, mais ils restent les témoins des places stratégiques qu’étaient ces deux vallées.
 
 

Le Fort du Coll de Ladrones
(le Coll des voleurs )

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1. Le Fort primitif de "Coll de Ladrones" – XVIIIe siècle.

Juste au milieu du XVIIIe siècle, la construction de la route carrossable d'Oloron au Somport fut un sujet de préoccupation pour le commandement militaire espagnol.
En 1749, la nouvelle route française arrivait à la "Peña de Aret", alors que les défenses des Pyrénées aragonaises – construites en 1592 – se trouvaient démantelées ou abandonnées.
Les vieux châteaux de Candanchou et de Canfranc, ainsi que la tour de la "Espelunca", qui avaient servi de défense à la vallée de Canfranc, tombaient en ruine. Seule la citadelle de Jaca était en état.
On envoya don Juan Martinez Zermeno, un des meilleurs ingénieurs militaires, en reconnaissance dans les Pyrénées aragonaises occidentales. Et le 22 Janvier 1751, il signait le premier projet de construction d'un ouvrage pour une batterie au "Cod de Ladrones" – à Canfranc – plus de nouveaux fortins pour des soldats seulement à Anso, Hecho, et Santa Elena de Biescas.
Le 18 avril 1752, les "Projets de la frontière d'Aragon" de Zermeno furent approuvés par Sa Majesté. En août de la même année on commençait à déblayer la roche et à faire la maçonnerie. On considéra que le fort était terminé en 1758. L'ingénieur don Pascual de Navas dirigeait les travaux.
Ce fort primitif avait le plan d'un fer à cheval. La face Est comportait dans ses angles deux demi-bastions, et dans son centre un ravelin (sorte de parapet) très réduit. Le corps central présentait sept voûtes couvertes, à l'épreuve des bombes, avec une terrasse supérieure plane. Sur celle-ci se trouvaient les logements de la troupe, deux corps de garde, une pièce pour les sergents, les pavillons du gouverneur et des officiers, la chapelle et la salle d'armes. Il y avait aussi une citerne qu'il fallait remplir à force de bras. La gorge (partie fortifiée de la porte d'entrée) ovale, avec son parapet, orientée à l'Ouest surplombait le chemin de France. Deux batteries de canons étaient sa principale force.
Ce fort fut un échec retentissant. Sa conception était louable, mais la construction était très mauvaise. On fit des voûtes "en toc", avec des branches, de la terre et des pierres sans mortier. Les soldats les plus petits n'entraient pas dans les guérites. Et la terrasse supérieure laissait filtrer tellement d'eau qu'en 1777 le fort était abandonné parce qu'inhabitable, sans artillerie ni garnison.
De plus, on estimait que ses feux étaient trop "plongeants" (obliques) sur le chemin de France, un grand défaut.
Il fallut, d'urgence, pendant la Guerre contre la Convention Française (1793-95), aménager une grande baraque en bois pour un officier et la troupe. En 1798 on abandonne les travaux de réparation.
Enfin, en 1801, sans heurts et sans éclat, on abandonna officiellement ce premier fort du "Cod de Ladrones". L'idée du général Feraz de le réparer suivant le projet Berdejo, vers 1815, ne sera pas réalisée.

2. Le nouveau "Coll de Ladrones" (Colline de Voleurs) – XIXe et XXe siècles

Au milieu du XIXe siècle, le Gouvernement espagnol – gardant le souvenir encore vif de l'invasion de 1808 – recommençait à se préoccuper de la défense de la vallée de Canfranc. Une route neuve et "magnifique" était pratiquement terminée sur le versant français du Somport. Route qui, en plus, pourrait être défendue par le fort moderne du Portalet, entre Urdos et Etsaut. C'étaient deux ouvrages qui pourraient faciliter une percée hypothétique à partir de la France.

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La construction d'un nouveau fort au "Coll de Ladrones" – que nous connaissons en détail grâce aux recherches de Juan F. Esteban Lorente – eut ses antécédents en 1864, avec un rapport du capitaine Francisco Rizzo. Mais c'est à partir de 1876, date de l'achèvement de la route sur le versant espagnol, que se posa sérieusement le problème de la défense de cette nouvelle voie de communication qui venait de se substituer à l'ancien chemin.
En 1877 le commandant en chef José San Gil rédigea le projet de deux fortins (l'un d'eux est encore debout), du chemin et du nivellement pour le nouveau fort de "Coll de Ladrones" (nouveau par sa conception et nouveau par le nom, car on changea le traditionnel "Cod" d'origine béarnaise, par un étrange "Coll" d'influence catalane).
Le processus de la construction fut long et compliqué. Le 13 janvier 1879, le commandant en chef Julio Rodriguez jeta les bases d'un projet qui allait subir de nombreuses modifications tendant à réduire le plus possible la surface bâtie, étant donné qu'en 1881, on décida la construction d'un fort complémentaire à "La Sagueta".
Par Ordre Royal du 4 août 1888 est approuvé le projet définitif de Rodriguez lui-même, et les travaux commencent.
En novembre 1900, on considéra que l'ouvrage était achevé, date commémorée par l'inscription de l'entrée. Alors que le dernier jour de la dernière année du XIXe siècle fut fixé le projet de construction d'un four à pain. Cependant il faudra attendre 1906 pour voir l'artillerie installée.
L'importance attribuée au nouveau fort était telle que le jeune roi Alfonso XIII le visita le 5 septembre 1903, comme l'indique une plaque sur la batterie du bas.
Durant toute la première moitié du XXe siècle on effectua de nombreux travaux d'amélioration, d'entretien et de réparation jusqu'à l'abandon du fort en 1961.

Pour la construction du nouveau fort, il fallut sacrifier l'ancien, dont on mit à profit seulement la muraille septentrionale et, bien que murée, la voûte contiguë. Tout le reste fut détruit.
De ce nouvel ensemble, on remarque deux édifices recouverts de pierre du pays. Le plus ombragé fut la caserne de la troupe (150 fantassins et 50 artilleurs) et il a deux corps de bâtiment à deux étages. Le plus ensoleillé fut réservé aux officiers, aux bureaux et à l'infirmerie et sur la façade se détache un escalier imposant. Les latrines occupent un petit édifice isolé.
Les défenses d'artillerie occupent quatre bouches à feu orientées au Nord, et creusées dans la roche, plus la poudrière correspondante. Une galerie spectaculaire garnie de meurtrières, ouverte dans la roche, descend jusqu'à une batterie située au-dessus de la rivière, balayant directement la route.
Le "front d'attaque", orienté à l'Est, se trouve précédé d'un glacis. Là s'ouvre la porte extérieure – curieuse forme d'arc de fer à cheval ovale – par où on accède au fossé creusé dans la roche. L'entrée est protégée par une caponnière (chemin fortifié) et flanquée d'une galerie percée de meurtrières.
A l'intérieur du mur du "front" sont installées des dépendances différentes : corps de garde, écurie, four à pain, citerne.

Le fort de "Coll de Ladrones" – comme son voisin du Portalet – est un parfait exemple d'architecture militaire moderne adaptée à un milieu montagnard. La roche, ici, forme une partie essentielle du système défensif, autant ou plus, que les murs de maçonnerie. A cet intérêt, il faut ajouter le fait de conserver, comme relique cachée, des restes appréciables du fort antérieur datant du XVIIIe siècle.
En octobre 1990 le Ministère de la Défense espagnol vendit aux enchères l'édifice, qui fut adjugé à une société privée. Depuis lors, il reste abandonné à son sort, à la merci de conditions climatiques extrêmes et de visiteurs indélicats. Dans l'attente d'une réhabilitation respectueuse et nécessaire qui tarde à venir.

José Luis Ona Gonzalez
Arqueologo e historiador
Sargantana S.L.L.(Canfranc)
16 de septiembre de 2002

 
Le Fort du Portalet

Le 22 Juillet 1842, le roi Louis-Philippe Ier ordonna la construction d'un fort dans la vallée d'Aspe afin de protéger la frontière des Pyrénées et de neutraliser la route du Somport en cas d'invasion espagnole comme lors de la chute de l'Empire napoléonien en 1814-1815 avec l'occupation de la vallée par la division Mina.

Ce fort, construit sur une falaise de la rive droite du Gave d'Aspe en aval d'Urdos, prit le nom de l'ancien péage commercial de La Porte d'Aspe. Ce poste médiéval nommé aussi Portalet (la petite porte) disparut sous la Révolution et ne subsistent aujourd'hui que quelques ruines visibles sur la rive gauche du gave.

Armée d'une dizaine de canons, la place forte devait pouvoir abriter plus de 400 hommes et tenir au moins une semaine de siège en totale autonomie afin de bloquer le passage à toute armée espagnole.
La structure se compose essentiellement de 3 grandes parties :
1. La caserne de la troupe et le pavillon des officiers tous deux construits sur deux niveaux.
2. Le fortin supérieur à 3 bastions armés de batteries, destinés à protéger les chemins du plateau du Rouglan et de la Mâture.
3. Des galeries crénelées creusées dans la roche qui, le long du gave, font face à la route et au vallon d'Urdos.

A partir de 1871 ce fut le 18e Régiment d'infanterie de Pau qui en assura la garde avec une compagnie. La troupe intervint en 1875-1876 sur la frontière pour intercepter des soldats Carlistes espagnols. Désarmé en 1914, la garde et l'entretien du Fort furent confiés à des civils de la vallée et certains bâtiments loués à des scouts religieux de Bordeaux, les Cadets de Notre-Dame, jusqu'en 1939.

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Après la défaite de 1940, le Portalet fut utilisé comme prison par le régime de Vichy pour y détenir les soi-disant "responsables de la défaite" du procès de Riom. À savoir :
· Léon Blum, qui présida le 1er gouvernement de Front Populaire en 1936-1937
· Edouard Daladier, membre fondateur du Front Populaire et Président du Conseil en 1938-1940
· Georges Mandel, ministre de l'Intérieur en 1940
· Paul Reynaud, Président du Conseil qui démissionna en 1940 pour être remplacé par le Maréchal Pétain
· Maurice Gamelin, commandant en chef des forces anglo-françaises de 1939 à 1940.

A partir de novembre 1942, le sud de la France est envahie, la vallée et le Fort sont occupés par les troupes allemandes et intégrés à la "zone interdite" qui suivait la frontière. En août 1944, les Résistants aspois et les Guerilleros espagnols libèrent la vallée et obtiennent la reddition des troupes allemandes du Fort le 24. Après la fin de la guerre, la forteresse reçut un nouveau prisonnier d'août à novembre 1945 : le Maréchal Pétain. Le prisonnier fut ensuite transféré à l'île d'Yeu où il décèdera en 1951.

Déclassé par l'armée en 1962, le Portalet fut vendu aux enchères en 1966. Racheté en décembre 1999, il est désormais la propriété de la Communauté des Communes de la Vallée d'Aspe.

J.-M. Casamayou

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La gare  de Canfranc
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Le Fort du Portalet
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Le Fort des Ladrones
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